Introduction
Vous avez investi du temps, de l'argent et de l'énergie pour construire votre marque. Puis un jour, vous découvrez qu'un concurrent utilise un logo similaire, voire identique au vôtre. Cette situation, malheureusement courante, s'appelle la contrefaçon de marque. En Belgique et en Europe, vous disposez de moyens juridiques efficaces pour faire cesser l'atteinte et obtenir réparation.
Ce guide vous explique, étape par étape, comment réagir face à une contrefaçon de marque.
Identifier la contrefaçon
Qu'est-ce qu'une contrefaçon de marque ?
La contrefaçon de marque consiste à utiliser, sans autorisation du titulaire, un signe identique ou similaire à une marque enregistrée, pour des produits ou services identiques ou similaires, créant un risque de confusion dans l'esprit du public.
Les conditions de la contrefaçon
Pour qu'il y ait contrefaçon, trois éléments doivent être réunis :
- Votre marque doit être enregistrée — Une marque non déposée bénéficie d'une protection plus limitée (concurrence déloyale)
- Le signe utilisé doit être identique ou similaire — L'appréciation se fait de manière globale (visuelle, phonétique, conceptuelle)
- Les produits/services doivent être identiques ou similaires — Sauf pour les marques de renommée
Types de contrefaçon
- Contrefaçon à l'identique : reproduction exacte de la marque pour des produits identiques
- Imitation : signe similaire créant un risque de confusion
- Parasitisme : exploitation de la notoriété d'une marque renommée
Constituer les preuves
Pourquoi les preuves sont essentielles
En matière de contrefaçon, la charge de la preuve repose sur le titulaire de la marque. Sans preuves solides, votre action sera vouée à l'échec.
Comment collecter les preuves
Preuves en ligne :
- Captures d'écran horodatées (utilisez Wayback Machine ou un constat d'huissier numérique)
- Téléchargement des pages web concernées
- Sauvegarde des publications sur les réseaux sociaux
- Historique des modifications du site contrefacteur
Preuves physiques :
- Achat du produit contrefait (conservez le ticket et l'emballage)
- Photos des points de vente
- Brochures, catalogues, packaging
Constat d'huissier :
- Le constat d'huissier a une force probante supérieure
- Il permet de "figer" les preuves à une date certaine
- Coût : 300-600€ selon la complexité
La saisie-contrefaçon
Pour les cas graves, vous pouvez demander au tribunal une saisie-contrefaçon (article 1369bis du Code judiciaire belge). Cette procédure permet à un huissier de se rendre chez le contrefacteur pour :
- Décrire les produits contrefaits
- Saisir des échantillons
- Prendre copie de documents comptables
Mise en demeure
Première étape : la lettre de mise en demeure
Avant d'engager une procédure judiciaire, il est recommandé d'adresser une mise en demeure au contrefacteur. Cette étape permet souvent de résoudre le litige rapidement et à moindre coût.
Contenu de la mise en demeure
La lettre doit contenir :
- L'identification précise de votre marque (numéro d'enregistrement, date, classes)
- La description des actes de contrefaçon constatés
- Les preuves jointes
- L'exigence de cessation immédiate
- Un délai de réponse (généralement 8 à 15 jours)
- La mention des poursuites judiciaires en cas de non-réponse
Taux de succès
Dans notre pratique, environ 40% des cas de contrefaçon se règlent après une mise en demeure bien rédigée. Le contrefacteur préfère souvent cesser ses activités plutôt que de risquer un procès coûteux.
Procédures judiciaires
Si la mise en demeure échoue
Lorsque le contrefacteur refuse de cesser ses activités, plusieurs voies judiciaires s'offrent à vous :
1. Action en cessation (la plus rapide)
L'action en cessation devant le Tribunal de l'entreprise permet d'obtenir rapidement une interdiction de poursuivre les actes de contrefaçon.
Délai : 2 à 4 mois
Avantage : procédure rapide, pas besoin de prouver un préjudice
Inconvénient : pas de dommages et intérêts
2. Action au fond (pour les dommages)
Si vous souhaitez obtenir réparation de votre préjudice, vous devez engager une action au fond.
Délai : 12 à 24 mois
Dommages récupérables :
- Manque à gagner
- Atteinte à l'image de marque
- Bénéfices réalisés par le contrefacteur
3. Procédure d'urgence (référé)
En cas d'urgence avérée, le juge des référés peut ordonner la cessation immédiate sous astreinte.
Délai : 2 à 4 semaines
Conditions : urgence + apparence de droit
Sanctions possibles
- Cessation sous astreinte : jusqu'à plusieurs milliers d'euros par jour de non-respect
- Destruction des produits contrefaits
- Publication du jugement aux frais du contrefacteur
- Dommages et intérêts : calculés sur la base du préjudice ou des bénéfices du contrefacteur
Conclusion
Face à une contrefaçon de marque, réagir vite est essentiel. Plus vous attendez, plus le préjudice s'aggrave et plus les preuves risquent de disparaître.
Les étapes clés à retenir :
- ✅ Vérifiez que votre marque est bien enregistrée
- ✅ Constituez un dossier de preuves solide
- ✅ Envoyez une mise en demeure professionnelle
- ✅ Si nécessaire, engagez une procédure judiciaire
Un avocat spécialisé en propriété intellectuelle vous aidera à choisir la stratégie la plus efficace et à maximiser vos chances de succès.
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